Aloysius Bertrand
“Fantaisies” par “Gaspard de la Nuit” *

 (A cura di Gio Ferri)
 Il capitolo nel quale rientra questo testo, come sa chi legge questa nostra rivista, si intitola RICERCARI. Ricercare (anche in senso musicale) vuol dire soprattutto muoversi per scoprire l’inconosciuto: un suono nuovo, una parola poetica nuova, o vecchia se da tempo ignorata, ricercare in breve un libro di qualche originalità. Nulla di meglio ovviamente, oltre le biblioteche, una libreria fuori dal comune. A Parigi passiamo sovente dall’immensa libreria (una specie di Biblioteca di Babele) allestita da decenni ormai nel sotterraneo delle nuove (modernissime) Les Halles. Lì abbiamo trovato per caso, fra i mille e mille testi di mille lingue, ma sempre nello spirito di ricerca, questo volumetto. Assai ‘sfizioso’, come si suol dire. Ricaviamo dall’operina alcuni passi interessanti in lingua originale: non ci avventuriamo nella traduzione dal francese, sia perché ogni traduzione è un ‘tradimento’, sia perché vogliamo lasciare al lettore il piacere, appunto, della ‘ricerca’, per il senso, il segno e per la forma.
 
*Il volumetto è stato stampato nel 1842, nel 1920, nel 1925, e in questa nuova edizione nel 1993, da l’école de loisir, Paris / Le seuil. …….
 
Aloysius Bertrand è nato a Ceva in Piemonte nel 1807.  Si laurea in ‘Retorica’. Vive a Digione. Poeta, prosatore, autore teatrale, illustratore. Nel 1829 si ammala gravemente di tisi. Oppresso dalla miseria, si guadagna da vivere come precettore. Tuttavia sempre collabora a riviste culturali di tendenza romantica. Si sistema a Parigi definitivamente. Tenta di pubblicare, inizialmente con scarso successo, Gaspard de la Nuit. Segue la moda delle forme romantico-medievali. Altre tribolazioni editoriali, e quindi economiche. Muore nel 1841. Sepolto al Cimitero di Montparnasse. Dopo l’uscita del 1842 il suo “Gaspard” viene particolarmente apprezzato da scrittori e critici di livello, e in particolare da Hugo, Baudelaire e da Mallarmé. Nel 1890 verrà tradotto a New York presso l’editore Harper & Bro.
 
L’opera originale (fra romanticismo e simbolismo) si articola in una lunga Préface e in VI Libri (Êcole flamande, Le Vieux Paris, La Nuit et ses prestiges, Les Chroniques, Espagne et Italie, Silves). Ci coinvolge qui questa sua caratteristica che va oltre, appunto, il facile romanticismo grazie a una scrittura assai lineare per lo più senza retorica. Tuttavia ‘modernamente’ aperta ad anticipazioni e influenze che, attentamente leggendo, richiamano posizioni figurative e poetiche inaspettate: per esempio le future “Finzioni” di J.L.Borges, E.A.Poe, il Goya dei Tableaux ‘Galantes’, e poi delle ‘Pitture nere’.Di Goya. Ma se vogliamo, potremo oggi ricordarci a posteriori della scrittura narrativa, e spingerci più in là, ovviamente… ad insaputa di Bertrand (!),  di Bontempelli, di Govoni, di Palazzeschi, di Gozzano, Moretti, e così via nell’ambito della ventura poetica in parte discorsiva e in parte ermetica del primo Novecento.
 
Nel riportare alcuni testi tratti dai VI Libri ci siamo arbitrariamente spinti ad una struttura tipografica simile a quella poetica in generale: abbiamo accentuato certe tendenze ritmiche (larghi spazi periodici, ‘a capo’, iterazioni, ecc.…) sia per presumere in Bertrand una libera eppur pacata disposizione più decisamente  ‘pseudo lirica’, sia per fornire al lettore facilitazioni più o meno fantasmatiche. Quali per esempio… il sogno di un sogno…
 
HARLEM 
Harlem, cette admirable bambochade qui résume l’écol flamand, Harlem peint par Jean-Breughel. Peeter-Neef, David-Téniers et Paul Rembrant. Et le canal où l’eau bleue tremble, et L’église où le vitrage d’or flamboie, et le stoël où sèche le linge au soleil,et le toits verts de houbòn et les cicognes qui batent des ailes autour de l’horloge de la ville, tendant le col du haut des airs et recevant dans leur bec les gouttes de pluie. Et l’insouciant bourguemestre qui caresse de la main son double menton, et l’amoureux fleuriste qui maigrit, l’œil attaché a une tulipe. Et la bohémienne qui se pȃme sur sa mandoline, et le veillard qui joue du Rommelpot, et l’enfant qui enfle une vessie. Et les buveurs qui fument dansl’estaminet borgne, et la servante de l’hȏtellerie qui accroche à la fenêtre un fasain mort.
 
LE MARCHAND DE TULIPES 
Nul bruit si ce n’est le froissement de feuillets de vélin sous le doigts du docteur Huylten qui ne détachait les yeux de sa bible jonchée de gothiques enluminures, que pur admirer l’or et la pourpre de deux possons captifs aux humides flancs d’un bocal. Les battants de la porte roulèrent: C’etait un marchand fleuriste qui, les bras chargés de plusieurs pots de tulipes, s’excusa d’interrompre la lecture d’un aussi savant personnage. “Maître, dit-il, voici le trésor des trésors, la merveille des merveilles un oignon comme il n’en fleurit jamaisqu’un par siècle dans le sérail de l’empereur de Costantinople! Une tulipe! s’écria le veillard courroucé, une tulipe, ce symbole de l’orgueil et de la luxure qui ont engendré dans la malheurese cité de Wittemberg la détestable hérésie de Luther e de Melanchthon!”. Maitre Huylten agrafa le fermail de sa bible, rangea ses lunettes dans leur étui, et tira le rideau de la fenêtre, qui laissa voir au soleil une fleur de la passion avec sa couronne d’épines, son éponge, son fouet, ses clous et les cinqu plaies de NotreSeigneur. Le marchand de tulipes s’inclina respectueusement et en silence, déconcerté par un regard inquisiteur du duc d’Albe dont le portrait. chef-d’œuvre d’Holbein, était appemdu à la muraille.
 
LE BIBLIOPHILE 
Ce n’était pas quelque tableau de l’école flamande, un David-Téniers, un Breughel d’Enfer, enfumé à n’y pas par voir le diable. C’etait un manuscrit rongé des rats par le bords, d’une écriture tout enchevêtree, e d’une encre bleue et rouge. “Je soupçonne l’auter, ditle  Bibliophile, d’avoir vécu vers la fin du régne de Louis XII, ce roi de paternelle et plantureuse mémoire. Oui, continua-t-il d’un air grave et méditatif, oui, il aura été clerc dans la maison de sires de Chateauvieux”.
Ici, il feuilleta un énorme in-folio ayant pour titre: le Nobiliairie de France, dans lequel il ne trouva mentionnés quel es sires de Chateauneuf et Chateauvieux ne sont qu’en même chȃteau, Aussi bien il est temps de débaptiser le Pont-Neuf.
 
LA CHAMBRE GOTHIQUE 
“Oh! La terre, - murmurai-je à la nuit, - est un calice embaumé dont le pistil et les étamines sont la lune et les étoiles!” Et les yeux lourds de sommeil, je fermai la fenêtre q’incrusta la croix du calvaire, noire dans la jaune auréole de vitraux. Encore, - si ce n’était a minuit, - l’heure blasonnée de dragons et de diables! – que le gnome qui se soűle de l’huile de ma lamp! Si ce n’etait que la nourrice qui berce avec un chant motone dans la cuirasse de mon père, un petit enfant mort-né! Si ce n’était que le squellette du lansquenet, emprisonné dans la boiserie, et heurtant du front, du coude et du genou! Si ce n’était que mon aȉeul qui descend en pied de son cadre vermoulu, et trempe son gauteler dans l’eau bénite du bénitier! Mais c’est Scarbo qui me morda u cou, et qui, pour cautériser ma blessure sanglant, y plonge son doigt de fer eougi à la fournaise!
 
LE FOU 
La lune peignait ses cheveux avec un démêloir d’ébèn qui argetait d’une pluie de vers luisants les collines, les prés et les bois. Scarbo, gnome dont les trésors foisonnent, vannait sum on toit, au cri de la girouette, ducats et florins qui sutaient en cadence, les pièces fausses jonchant la rue. Comme ricana le fou qui vague, chaque nuit, per la cité déserte, un œil a la lune et l’autre – crevé! “Foin de la lune! Grommela-t-il, ramassant les jetons du diable, j’achèterai le pilori pour m’y chauffer au soleil!” Mais c’était toujours la lune, la lune qui se couchant. – Et Sgarbo – monnoyait sordement dans ma cave ducats et florins à coups de balancier. Tandis que, le deux cornes en avant, un limaçon qu’avait égaré la nuit, cherchait sa route sur mes vitraux lumineux.
 
UN REVE 
Il était nuit. Ce furent d’abord, . ainsi j’ai vu, ainsi je raconte, - un abbaye aux nurailles lézardées par la lune, - une forêt percée de sentiers tortueux, - et le Morimont grouillant de capes et de chapeaux. Ce furent ensuite, - ansi j’a entendu, ainsi je raconte, - le glas funèbre d’une cloche auquel répondaient les sanglots funèbre d’une cellule, - des cris plaintifs et de rises féroces dont frissonnait chaque feuille le long d’une ramée – et les prières bourdonnantes des penitents noir qui accompagnaient un criminel au supplice. Ce furent enfin, - ainsi s’acheva le rêve, ainsi je raconte, - un moine qui expirait couché dans la cendre des agonisants, - une jeun fille qui se débattait pendue aux branches d’un chêne . – Et moi que le bourreau liait échevelé sur les rayons de la roue. Dom Augustin, le prieur défunt, aura en abit de cordelier, le honneurs de la chapelle ardente, et Marguerite, que son amant a tuée, sera ensevelie dans sa blanche robe d’innocente, entre quatre cierges de cire.
Mais moi, la barre du bourreau s’était, au premier coup, brisée comme un verre, le torches des pénitents noir s’étaient éteintes sous des torrents de pluie, la foule s’était écoulée avec les ruisseaux débordés et rapides, - et je poursuivais d’autres songes vers le réveil.

PADRE PUGNACCIO 
Padre Pugnaccio, le crȃne hors du capuce, montait les escaliers du dȏme SaintPierre, entre deux dévotes enveloppées de mantilles, et l’on entendait les cloches et les anges se querelles dans la rue. L’une des dévotes, - c’était la tante, - recitait un ave sur chaque grain de son rosaire; et l’autre, - c’était la niece, - lorgnait du coin de l’œil un joli officier des gardes du pape. Le moine marmottait à la vielle femme: “Dotez mon couvent”. Et l’officier glissait à la jeune fille un billet doux musqué. La pécheresse essuyait quelque larmes, l’ingénue rougissait de plaisir, le moine calculait mille piastres à douze pour cent d’intérêt, et l’officier retroussait le poil de sa moustache dans un miroir de poche. Et le diable, tapi dans la grand’manche de Padre Pugnaccio, ricana comme Polichinelle!

LA SANCHON DU MASQUE 
Ce n’est point  avec  le froc, et le chapelet, c’est avec le tambour de basque et l’habit de fou que j’entreprends, moi, la vie, ce pèlerinage a la mort! Notre troupe bruyante est accorue sur la place Saint-Marc, del’hȏtellerie du signor Arlecchino qui nous avait tous conviés à un régal de macaronis à l’huile et de polenta à l’ail. Marions nos mains, toi qui, monarque éphémère, ceins la couronne de papier doré, et vous, ses grotesque sujets, qui lui formez un cortège de vos manteaux de mille pièces, de vos barbes de filasse et de vos épées debois. Marions nos mains pour chanter et danser une ronde, oubliés de l’inquisiteur, à la splendeur magique des girandoles de cette nuit rieuse comme le jour. Chantons et dansons, nous qui sommes joyeux, tandis que ces mélancoliques descendent le canal sur le banc des gondoliers, et pleurent en voyant pleurer les etoiles. Dasnsons et chantons, nous qui n’avons rien à perdre, et que derriere le rideau où se dessine l’ennui de leurs fronts penchés, nos patriciens jouent d’un coup de cartes palais et maîtresses!

JEAN DES TILLES 
“Ma bague! Ma bague!”. Et le cri de la lavandièr effraya dans la souche du saule un rate qui filiait sa quenouille. Encor un tour de Jean des Tilles, l’ondine malicieux et espiègle qui ruisselle, se plaint et rit it sous les coups redoublés du battoir! Comme s’il ne lui suffisant pas de cueillir, aux épais massifs de le rive les nèfles mûres qu’il noie dans la courant. “Jean le voleur! Jean qui pêche et qui sera pêché! Petit Jean friture, que j’ensevelirai, blanc d’un linceul de farine, dans l’huile enflammée de la poêle!” Mais alors de corbeaux qui se balançaient à la verte flèche des peupliers, croassèrent dans le ciel moite et pluvieux.
Et les lavandières, troussées comme des pinquers d’ablettes, enjambèrent le gué jonché de cailloux, d’écume, d’herbes et de glaȉeuls.
 
 
 
ENCORE UN PRINTEMPS 
Encore un printemps, - encore une goutte de rosée, qui se bercera un moment dans mon calice amer, et qui s’en échappera comme une larme! Ô ma jeunesse, tes joies ont été glacées par les baisers du temps, mais tes douleurs ont survécu au temps qu’elles ont étouffé sur leur sein. Et vous qui avez parfilé la soie da ma vie, ȏ femmes! S’il y a eu dans mon roman d’amour quelq’un de trompeur, ce n’est pas moi, quelqu’un de trompé, ce n’est pas vous! Ô printemps! Petit oiseau de passage, notre hȏte d’une saison qui chante mélancoliquement dans le cœuer du poète et dans le ramée du chêne! Encore un printemps, - encore un rayon du soleil de mai au front de jeune poète, parmi le monde, au front de vieux chêne, parmi les bois! (Paris, 11 mai 1836)
 
A M.CHARLES NODIER
L’homme est un balancier qui frappe une monnaie à son coin. La quadruple porte l’empreinte de l’empereur, la médaille du pape, le jeton du fou. Je marque mon jeton à ce jeu de la vie où nous perdons coup sur coup et où le diable, por en finir, rafle joueurs, dées et tapis verte. L’empereur dicte des orders à ses capitaines, le pape adresse des bulles à la chrétienté, et le fou ècrit un livre. Mon livre, le voilà tel que je l’ai fait e tel qu’on doit le lire, avant que les commentateurs ne l’obscurcissent de leurs éclaircissements. Mais ce ne sont poit ces pages souffreteuses, humble labeur ignoré des jours présents, qui ajouteront quelque lustre à la renommée poétique de jours passés. Et l’églantine du ménestrel sera fanée que fleurira toujour la giroflée, chaque printemps, aux gothiques fenêtres des chateaux e des monastères. (Paris, 20 septembre 1836)